L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates a mis en place en mars 1993 un Centre d’Écoute et d’Orientation des Femmes Victimes de Violences (CEOFVV). L’implantation de ce Centre est venue couronner un processus qui s’est étalé sur plusieurs événements tels que l’organisation de plusieurs campagnes de sensibilisation argumentées de conférences et de débats. Ces campagnes ont attiré beaucoup de femmes victimes de violences et ont permis de prendre connaissance des luttes féministes menées dans ce domaine dans d’autres pays du Nord et du Sud.
Nous avons mis en place une permanence d’écoute et d’orientation médicale, juridique et psychologique au local de l’ATFD pour etre là auprès des femmes qui ont besoin d’aides et de soutiens. Malgré l’inauguration de ce centre, beaucoup de contraintes internes et externes ont retardé son travail. Son cloisonnement, s’il trouve à s’expliquer par une nécessité d’une grande mobilisation et une meilleure médiatisation, ne contribue toutefois pas à l’élaboration d’une politique globale de lutte contre les violences subies par les femmes.
Le but étant d’instaurer une politique globale relative aux violences dont sont victimes les femmes tant la nécessité a commencé à s’en faire ressentir de manière de plus en plus impérative. Le premier acte de cette politique est l’édition d’un livre maghrébin sur les violences issues de l’expérience des Centres de Tunis, Alger et Casablanca. Un rapport destiné aux décideurs vient compléter la démarche qui a été effectuée.
Alors que l’ouvrage est destiné à toucher les opinions publiques, le rapport, en s’adressant plus spécifiquement aux détenteurs de l’autorité dans leurs divers secteurs et position.
Les autorités connaissent bien cette réalité, réfractaire à tous les discours, qui ont mis en place des services sociaux destinés à pallier aux défaillances et dysfonctionnements des institutions et des relations sociales.
Les autorités connaissent bien cette réalité, réfractaire à tous les discours, qui ont mis en place des services sociaux destinés à pallier aux défaillances et dysfonctionnements des institutions et des relations sociales.
Mais il semble qu’en raison de l’inadéquation de ces services ou de leur insuffisance face à la diffusion de l’usage de la violence sexiste, le Centre d’Ecoute et d’Orientation des Femmes Victimes de Violence, mis en place par l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, est confronté à une demande continue d’accueil et de prestations. Du fait de la spécificité de ses interventions, il constitue un observatoire privilégié du vécu de cette violence par les concernées.
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